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Editions
Royer, 2004
192
pages, format 21x30
ISBN
: 978-2-908670-20-2
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Par
sa nature même évolutive car vivante, reflet des
besoins et des habitudes culturales, l'architecture rurale est
le pan le plus menacé de notre patrimoine bâti.
C'est aussi l'un des plus attachants. Cette évolution
a toujours été, l'architecture du monde rural
étant sans cesse une juxtaposition d'éléments
disparates, de dates variées liés cependant par
la cohérence des matériaux très souvent
extraits du terroir proche ou le savoir-faire des artisans
sollicités. Plus grave, la désertification
des campagnes, les regroupements de terres, la nécessité
de plus grandes surfaces ouvertes induisent irrémédiablement
une disparition des éléments ou,un détournement
du bâti rural traditionnel. C'est cependant un ensemble
de caractéristiques, d'attachements physiques au
terroir alentours qui a fait le cadre de vie et le charme des
campagnes berrichonnes depuis le XVIe siècle. Ainsi une
large place est faite aux bâtiments communautaires,
halles, fontaines, lavoirs. L'ambition, la philosophie si l'on
veut de cet ouvrage fut une volonté de sélection,
sélection par type de bâti lié à la
structure de l'exploitation ou plus généralement
à la structure de la société rurale ci
sélection selon les terroirs très divers du
Berry. Mon propos n'est donc pas d'être passéiste
en refusant l'évolution mais de montrer après
avoir parcouru en tons sens et pendant des années le
Berry (départements du Cher et de l'Indre), de la
Marche à la Sologne, du Boischaut au Pays Fort, de la
Brenne aux confins de la Vallée de Germigny et du
Bourbonnais, un certain nombre de bâtiments menacés
ou non (certains ont maintenant disparu) représentatifs
d'une cohésion, d'une diversité le tout reflet à
des moments donnés d'une structure de l'économie
rurale et d'une manière de cultiver. Par ses
dimensions, sa disposition, son évolution, le bâtiment
parle, de l'aisance ou de la pauvreté, de la vigne ou
de la polyculture. La maison du journalier est bien évidemment
différente de celle du maître de domaine et celle
du vigneron de celle du propriétaire terrien de la
Champagne. Pour éclairer l'illustration de nous avons
voulu dominante et en quelque sorte justifier les choix, nous
avons fait appel aux documents d'archives, contrats de
constructions, document notariés, rapports divers,
éclairant ou faisant rebondir les questions que l'on
peut se poser en ce domaine. Ainsi de la carrière à
l'environnement du village en passant par toutes les formes de
construction rencontrées, je souhaite mettre à
disposition du plus large public possible et sous une forme
attractive les archives de l'architecture traditionnelle en
Berry. Les essais de typologie de détail (fenêtres,
portes, charpentes) ont la prétention de guider le
visiteur dans ses essais de datation des bâtiments
rencontrés et peut-être cet ouvrage aura-t-il
quelques utilités pour les amateurs ou les
professionnels qui souhaitent entreprendre avec le plus de
respect possible la restauration de bâtiments ruraux. La
sauvegarde des maisons paysannes du Berry demande que la mise
aux normes modernes ou au goût du jour restent conformes
avec le savoir-faire des maçons et l'esprit de leurs
commanditaires qui entreprirent de les bâtir.
Universitaire
titulaire d'une maîtrise d'histoire, J.-Y. Hugoniot se
spécialisa en archéologie et en histoire de
l'art. Conservateur stagiaire aux Musées de Bordeaux et
de Bourges, l'auteur deviendra, successivement Conservateur
des Musées d'Issoudun, de l'Abbaye de Noirlac et du
Musée Saint-Vic de Saint-Amand-Montrond.
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